Qui sommes-nous ? Historique


Henri-Marie GUILLUY

Henri-Marie GUILLUY,
Fondateur
1911 - 2008
Moine profès de l'Abbaye Notre-Dame de Wisques 1935
Prêtre 1939
Fondation de Notre-Dame d'Espérance à Croixrault 1 octobre 1966

 

LES COMMENCEMENTS

Le 1er octobre 1966, une petite 2 CV franchit le portail du 35, rue Pétrie à Croixrault (Somme). A son bord, un moine de l'Abbaye Saint-Paul de Wisques, le Père Henri Guilluy, et une amie oblate du monastère, qui va mettre ses forces et ses ressources au service de l'oeuvre. Bientôt ils seront rejoints par un jeune Père très handicapé, et par un Novice de la même Abbaye.

Dans la plus grande simplicité, la fondation de "Croixrault" vient de commencer.
Le Père Guilluy en est sûr : ici s'accomplit la volonté du Seigneur. En effet le projet a eu le temps de mûrir. Trois années ont passé depuis que le Père a fait part de son intuition à son Abbé. Un séjour dans un Prieuré bénédictin de Martinique l'a mis providentiellement en contact avec une forme de vie monastique plus simple. Et aujourd'hui, tout se fait avec la permission formelle des Supérieurs.

La maison de Croixrault est mise à sa disposition par l'Evêque d'Amiens, Monseigneur Leuliet, connu depuis longtemps. Cette propriété ne manque pas d'agrément : presque un hectare de terrain, et, derrière, des bois et des champs... En ce 1er octobre 1966, elle devient le "Prieuré Notre-Dame d'Espérance".

Objectif du fondateur : simplement mettre à la portée des malades, des faibles, des petits, cette vie monastique bénédictine qu'il a connue pendant trente ans, leur transmettre ce qu'il a reçu de ses maîtres: en particulier Dom Savaton, le Père vénéré, et à travers lui Dom Delatte.

Il est d'expérience que de nombreuses personnes, désireuses de mener la vie monastique, ne peuvent réaliser leur voeu par suite d'un handicap de santé. Le Père Guilluy, qui a exercé la charge de Maître des Novices, s'est heurté à cette difficulté.

Le Prieuré Notre-Dame d'Espérance devra donc permettre aux hommes MALADES, HANDICAPÉS ou de FAIBLE SANTE de devenir MOINES A PART ENTIÈRE, en suivant la règle de Saint Benoît dans la mesure qui leur est possible. Seuls sont exceptés les malades mentaux non stabilisés par un traitement approprié, et les grabataires.

L'expérience va prouver que l'intuition était juste : les vocations vont venir. Rapidement, il apparaît que la fondation nouvelle répond, dans l'Eglise, à un besoin auquel aucun Institut jusqu'ici ne pouvait répondre pleinement, sous peine de s'éloigner de son observance propre.

"Croixrault" va donc rapidement grandir. Des cellules, un réfectoire, une chapelle sortent de terre. Des ateliers d'artisanat s'organisent : émaux, étains, icônes (collages), statues de pierre reconstituée.

Les frères deviennent plus nombreux.

Aussi va-t-on rapidement fonder plusieurs autres communautés.

Ce développement s'accompagne de la reconnaissance officielle par l'Etat (1977), et par l'Église : d'abord "Pieuse Union", Notre-Dame d'Espérance est érigée en Congrégation Diocésaine par Monseigneur l'Evêque d'Amiens le 2 février 1984, puis Associée à l'Ordre bénédictin le 29 septembre 1990.

La Congrégation compte actuellement 12 monastères.

En conclusion, laissons la parole à notre Père fondateur : "Puissent les handicapés, désireux de mener la vie monastique, connaître Notre-Dame d'Espérance, et avoir le courage d'y consacrer leur vie pour leur perfection et le salut de leurs frères ! Puisse aussi la prière de tous attirer sur la Congrégation la faveur du mérite et du nombre, afin que, comme le souhaite Saint Benoît, Dieu soit en tout glorifié"

maison mère Croixrault

Le Christ a sauvé le monde par le sacrifice de sa vie offerte par amour. Les membres du corps mystique qu'est l'Eglise doivent entrer par toute leur vie dans ce mystère pascal. Ils y sont engagés par le baptême; ils doivent ratifier cet engagement par une union aussi consciente et continuelle que possible au Christ et une offrande volontaire de tout ce qu'ils sont et ce qu'ils font. Cela vaut pour tout chrétien. Mais il semble qu'il est dans ce corps du Christ des membres privilégiés, que le Christ Jésus a placé plus près de Lui. Ce sont ceux qui participent de plus près à sa Passion et ceux qui se consacrent à une vie d'union à Dieu par la piété. Il semble qu'on ait pas assez compris jusqu'à ces temps derniers cette association de la souffrance et de la vie contemplative. Non certes que l'on ait pas saisi la nécéssité de cette union pour tous et plus particulièrement pour les moines. Mais ceux qui avaient pour lot la maladie chronique ou l'infirmité étaient considérés comme inaptes à l'état de vie contemplatif. La congrégation de Notre-Dame d'Espérance, à la suite de congrégations féminines, a été créée pour permettre aux hommes de santé fragile ou mauvaise de profiter, eux aussi, de cet énorme avantage qu'est l'état monastique pour vivre au maximum, à la mesure de leur générosité, leur vie pascale de chrétiens. Puissent-ils être nombreux les malades et les handicapés à comprendre que cette vie ne leur est pas refusée et que leur état précaire, loin d'être un obstacle, peut être une aide pour leur vie spirituelle: "la force de Dieu se manifeste pleinement dans la faiblesse de l'homme." (II Cor. XII 9)
Henri-Marie GUILLUY